Le livre
Le couple vivant
Ce que l’amour demande vraiment
« La vérité sur mon couple commence en moi. »
Ce que ce livre explore
Dans le couple, il existe des seuils invisibles. Entre moi et toi. Entre la proximité et la fusion. Entre le besoin d’être aimé et la peur de se perdre.
Ce livre regarde ce qui se joue au cœur du lien. Les émotions qui débordent. Les blessures d’attachement. Les silences qui s’installent. Et aussi les gestes, les mots, les prises de conscience qui permettent à une relation de respirer à nouveau.
Il ne promet pas de méthode magique. Il aide à entendre ce qui se dit sous les reproches : être vu, être choisi, sans devoir se perdre pour être aimé.
Cinq temps pour traverser
- I
Traverser
Les sept seuils, le chemin intérieur du couple.
- II
Devenir parents
Redevenir deux quand on devient trois.
- III
Reconnaître
Trente-deux scènes de la vie à deux. Lev, le cœur.
- IV
Nommer
Un abécédaire. Vingt-six lettres pour aimer mieux.
- V
La résilience du lien
Quand le couple traverse l’épreuve.
Extraits
Trois passages, tels qu’ils sont dans le livre.
Ouverture · Avant d’entrer
Un soir, dans mon cabinet, un homme me dit : nous sommes ensemble depuis vingt-deux ans. Nous nous parlons. Nous gérons les enfants. Nous faisons les courses. Nous payons les factures. Nous tenons. Et il me regarde. Et il ajoute, un peu plus bas : mais j’ai l’impression que nous ne sommes plus vivants.
Cette phrase, je l’entends souvent. Pas toujours dans ces mots. Parfois sous d’autres formes. Nous sommes une équipe. Nous sommes des colocataires polis. Nous sommes devenus deux fonctions assises à la même table. Nous tenons, mais nous ne nous rencontrons plus.
Il y a une différence considérable entre un couple qui fonctionne et un couple qui vit. Un couple qui fonctionne, on le voit tout de suite : la logistique tourne, les enfants sont propres, les rendez-vous sont honorés, les vacances sont planifiées, les photos de famille sont souriantes, et tout le monde fait des compliments.
Un couple qui vit, on le sent. C’est plus discret. C’est ce qui circule encore quand on s’assoit à table sans rien dire. La qualité d’un silence. La manière dont une main se pose. Le regard qui s’attarde une seconde de plus que nécessaire. Cette présence minuscule qui dit : tu existes pour moi, là, maintenant, pas seulement comme partenaire de mes obligations.
[…]
Un couple vivant, c’est un lien qui respire.
Troisième partie · Scène de cœur 3
La fatigue qu’on prend pour du rejet
Le soir est un grand producteur de malentendus.
La journée a vidé les réserves. Le travail, les enfants, les tâches, les tensions, les soucis, le bruit, les sollicitations. Quand enfin le couple se retrouve, il n’y a pas toujours cet espace tendre qu’il avait fantasmé. Il y a du silence, du corps lourd, une disponibilité trouée, une envie de ne plus rien porter.
Alors les vieilles blessures se réveillent très vite.
L’un se tait parce qu’il est saturé, l’autre croit qu’il se retire. L’un ne touche pas parce qu’il est vidé, l’autre se sent moins désiré. L’un répond brièvement parce qu’il n’a plus d’espace intérieur, l’autre entend du rejet.
Dans beaucoup de couples, la fatigue n’est pas reconnue comme fatigue. Elle est interprétée comme désamour. Et cela fait énormément de dégâts. Car ce n’est pas la même chose de vivre une absence momentanée de disponibilité, ou de vivre l’autre comme intérieurement déjà parti.
Le couple mûrit lorsqu’il apprend à dire des phrases simples, mais profondément réparatrices :
« Je suis fatigué, pas éloigné. » « Je n’ai pas beaucoup d’énergie ce soir, mais je suis là. » « Ce n’est pas contre toi. »
Bien des drames seraient évités si l’on apprenait à distinguer l’état du moment de l’état du lien. Un corps épuisé ne veut pas forcément dire un cœur parti.
Quatrième partie · Abécédaire du couple
Nous
Avant nous, il y a deux. Après nous, il y a trois. Le couple n’est pas la simple somme de deux individus mis côte à côte. Il fait apparaître un tiers qui n’est ni l’un ni l’autre, et qui pourtant les contient. Ce tiers, c’est le nous.
[…]
Cette dimension a été pensée par les théoriciens systémiques. Mony Elkaïm, dans Si tu m’aimes, ne m’aime pas paru en 1989, parle du couple comme d’un système où chacun appartient à quelque chose qui le dépasse. Mais la tradition juive l’avait pressentie depuis longtemps. Quand l’homme et la femme s’unissent, dit le texte de la Genèse, ils deviennent une seule chair. Cette chair commune n’est pas une fusion qui efface les deux. C’est l’apparition d’une réalité tierce qui demande à être habitée comme telle.
[…]
Le couple vivant tient les trois dimensions ensemble. Il a deux je distincts, suffisamment différenciés pour ne pas se dissoudre. Et il a un nous, suffisamment incarné pour qu’on puisse le nommer, le défendre, le réparer, l’aimer. Le couple devient alors une œuvre à trois.
Pour qui
- Les couples qui fonctionnent encore, mais ne se rencontrent plus vraiment.
- Ceux qui traversent une crise, une trahison, une distance qui s’installe.
- Les personnes seules qui veulent comprendre leur manière d’aimer.
- Les thérapeutes qui cherchent un livre à recommander.
Commencer la traversée
Un livre pour comprendre le lien, traverser ses blessures et raviver le vivant dans le couple.